Enseigner à produire autrement 3
« Enseigner à produire autrement 3 » (EPA3) : enseigner les transitions, mais avec quels moyens ?
EPA3 fait des transitions climatiques, environnementales et agroécologiques un axe majeur de l’enseignement agricole pour les années 2026-2030.
Pour FO Agriculture, cette ambition est indispensable. Mais elle ne pourra devenir une réalité dans les établissements que si les personnels disposent du temps, des moyens et de la formation nécessaires pour la faire vivre.
⏱️ Des missions nouvelles, mais du temps pour les assurer
EPA3 prévoit dès 2026-2027 de nouvelles actions dans les établissements : projets, partenariats, expérimentation, suivi… L’administration maintient les « projets de développement » et les possibilités de décharge pour les référents EPA. Mais le cadre reste fixé à 36 heures annuelles. Pour FO Agriculture, le constat est simple : on ne peut pas demander aux équipes de faire davantage avec les mêmes moyens.
🔹 Le temps consacré à EPA3 doit être identifié dans les obligations de service.
🔹 Les responsabilités confiées aux personnels doivent être réellement prises en compte.
💶 Un financement qui ne doit pas dépendre de la course aux appels à projets
L’enveloppe consacrée aux projets de développement est passée de 300 000 à 800 000 euros en 2026. Une progression bienvenue, mais qui reste soumise aux arbitrages budgétaires. Dans le même temps, les établissements sont encouragés à rechercher d’autres financements. Pour FO Agriculture, une politique nationale ne peut pas reposer sur la capacité de chaque établissement à monter des dossiers pour trouver ses propres moyens.
🔹 EPA3 doit bénéficier d’un financement national pérenne.
🔹 Les moyens nécessaires à la formation doivent être accessibles dans des conditions comparables pour tous les établissements.
🌱 Des exploitations au service de la pédagogie
Les exploitations agricoles et les ateliers technologiques ne sont pas de simples vitrines. Ils sont des lieux de formation, d’expérimentation, d’innovation et d’animation des territoires. Leur rôle pédagogique doit donc être pleinement reconnu. Une exploitation pédagogique ne peut pas être évaluée uniquement à partir de son résultat comptable. Les missions qu’elle assume au bénéfice de la formation ont un coût et les surcoûts correspondants doivent être identifiés et compensés.
📢 EPA3 ne peut pas devenir une politique supplémentaire à mettre en œuvre à moyens constants. Donner à l’enseignement agricole les moyens d’enseigner les transitions, c’est reconnaître le travail de celles et ceux qui les font vivre au quotidien. FO Agriculture revendique :
🔹 des emplois titulaires ;
🔹 un temps statutaire pour les référents et chefs de projet ;
🔹 un financement national pérenne ;
🔹 la compensation des surcoûts pédagogiques ;
🔹 un plan de formation sur le temps de travail ;
🔹 des investissements garantis ;
🔹 le respect de l’indépendance pédagogique ;
🔹 la participation des représentants des personnels à la gouvernance.
❓ 36 heures annuelles : est-ce suffisant pour faire vivre EPA3
❓ Comment garantir un financement pérenne sans multiplier les appels à projets
❓ Comment prendre en compte les missions pédagogiques des exploitations
❓ Quelle place pour les personnels dans la mise en œuvre d’EPA3❓
