Audience du 28 octobre 2026

COMPTE RENDU
Paris, le 29 octobre 2026
Compte-rendu de l’audience du 28 octobre 2026
Étaient présents pour FO Fonction publique Christian Grolier (FGF-FO), Johann Laurency (FPT) et Grégory Leduc (FPH).
Le ministre était absent et représenté par sa directrice de Cabinet Mme Claire Durrieu et son conseiller Francois Giquel, la DGAFP était représenté par le directeur-adjoint.
La directrice de Cabinet a indiqué que cette audience se faisait dans le cadre des rencontres entre les confédérations et le Premier ministre. De manière concomitante des audiences se tiennent pour le secteur public sous la responsabilité du ministre Amiel et pour le secteur privé sous la responsabilité du ministre du travail.
FO Fonction publique a réitéré ses revendications en matière de pouvoir d’achat et principalement l’augmentation immédiate de 10% du point d’indice, son indexation automatique sur l’inflation et l’amélioration de la grille indiciaire.
Nous avons également insisté sur la nécessité de mettre en adéquation les besoins et les moyens en commençant par arrêter les suppressions de postes et les non-renouvellements des CDD et en recrutant partout où c’est nécessaire.
Enfin nous avons fortement appuyé sur la santé des agents, victimes permanentes des restructurations, des changements de fiche de poste, de la surcharge de travail et des pressions de la hiérarchie. Nous avons rappelé les suicides récents d’une inspectrice du travail et d’un agent de la DGFIP qui s’ajoutent à une triste et longue liste depuis 2 ans.
Le Cabinet du ministre ne peut que constater cet état de fait et affirme prendre en compte les besoins en matière d’effectifs pour certains ministères tout en reconnaissant des suppressions de postes pour d’autres.
En résumé on ne change rien on continue de déshabiller Pierre pour habiller Paul.
Cette réunion avait un objet précis pour le Cabinet à savoir essayer de calmer le mécontentement des agents publics en matière de rémunération. Leur invitation à cette réunion bilatérale était de connaître notre réaction à la proposition suivante.
Depuis le 1er juin quasiment 900 000 agents sont payés au smic avec une rémunération composée du traitement brut auquel s’ajoute l’indemnité différentielle. Cette indemnité qui permet d’atteindre le smic et une prime non soumise aux cotisations retraites.
La proposition du gouvernement est donc d’ajouter des points d’indice majorés aux seuls agents payés sous le smic pour que leur traitement indiciaire évite d’utiliser l’indemnité différentielle et qu’ils cotisent sur un smic complet.
Voilà donc la seule réponse du gouvernement aux 35% de perte de pouvoir d’achat depuis 2000 et à la relance de l’attractivité de l’emploi public. Cette aumône est à des années lumières des attentes des agents qui sont nombreux à être en difficultés financières dès le milieu du mois voire avant.
Comme nous l’avons dit cette proposition n’est en rien satisfaisante. Si le but est d’améliorer les futures pensions des agents la proposition de FO est nettement plus adaptée car comme nous l’avons rappelé la solution est de transformer les primes en points d’indice ce qui nous permettrait un taux de remplacement à hauteur de 75% de notre rémunération totale à la retraite.
En conclusion nous avons insisté sur des mesures générales par des mesures immédiates : revalorisation du point d’indice, et maintien intégral de la rémunération en cas d’arrêt maladie. Des mesures de court terme comme l’amélioration de la grille indiciaire.
A notre question de savoir si le gouvernement envisageait des mesures pour 2026 ou dans le cadre du PLF 2027 la directive de Cabinet est restée sans véritable réponse.
A la suite de la consultation des organisations syndicales représentatives de la Fonction publique et de celles du privé avec le ministère du travail, le Premier ministre devrait recevoir à nouveau les confédérations syndicales dans un délai de 3 à 4 semaines dixit la directrice de Cabinet.
Une fois de plus ce gouvernement n’entend pas l’urgence de répondre aux revendications.
Ce n’est pas ce type de réunions qui permet de négocier. FO Fonction publique ne se laissera pas enfermer dans un simulacre de dialogue social qui laisserait penser que nous laissons faire ce gouvernement alors qu’il maltraite les agents publics.
La colère est dans la rue et c’est bien dans le rapport de force que nous pourrons gagner, c’est pourquoi FO Fonction publique invite tous les agents publics à se mobiliser et à être en grève et dans les manifestations le 5 novembre prochain.
Les agents publics méritent d’être enfin considérés.
Nous avons également relevé des points spécifiques à la Fonction publique territoriale et à la Fonction publique hospitalière.
Encore une fois, nous avons dû rappeler à nos interlocuteurs que la Fonction publique territoriale est composée à près de 75% d’agents de catégorie C exerçant pour la plupart d’entre eux, des missions pénibles en contact direct avec le public.
Nous avons souligné la nécessité impérieuse de prendre en compte cette pénibilité pour le temps de travail ainsi que pour l’âge d’ouverture des droits à la retraite.
En matière de rémunération notre délégation FO a insisté sur l’état lamentable de la grille C1 sur laquelle un grand nombre de nos collègues sont recrutés. Comment expliquer à un fonctionnaire ayant plus de 10 ans de service que celui qui vient d’être embauché aura le même traitement indiciaire et très souvent le même régime indemnitaire ? A cette occasion, nos interlocuteurs ont découvert que la partie « expertise » du RIFSEEP n’est pratiquement pas utilisée dans les collectivités.
La délégation FO a insisté sur l’absolue nécessité d’imposer certaines décisions aux employeurs territoriaux en matière de rémunération. A cet effet, nous avons rappelé que la moitié des collectivités n’avaient pas versé de prime « pouvoir d’achat » à leurs agents, et que, parmi celles l’ayant versé, toutes n’avaient pas versé le maximum prévu par décret.
Enfin, nous avons demandé que les employeurs ne respectant pas leurs obligations légales en matière de consultation des instances, d’établissement de documents réglementaires, (DUERP, …), de recrutement, fassent l’objet de sanctions. La libre administration s’exerce en effet dans le cadre de la loi et des règlements qui en découlent.
Concernant la Fonction publique hospitalière, nous avons rappelé que les réformes imposées depuis trente ans aux hôpitaux publics ainsi qu’aux secteurs médico-social et social n’ont fait que dégrader les conditions de travail et d’exercice professionnel des agents publics. Aujourd’hui, bon nombre de professionnels ne trouvent plus de sens à leur travail, alors même que leur engagement auprès des malades, des résidents et usagers constitue une mission noble. Nous avons également souligné que les départs des agents publics hospitaliers s’intensifient.
De plus, les agents de la Fonction publique hospitalière se sentent déconsidérés et estiment que leur engagement n’est pas reconnu à sa juste valeur, notamment lors des crises sanitaires et climatiques. Le gouvernement n’a apporté aucune réponse à notre revendication d’une prime canicule.
Nous avons particulièrement insisté sur la protection sociale complémentaire (PSC) des agents de la Fonction publique hospitalière, qui restent privés de participation de leur employeur au financement de leur complémentaire santé. Nous avons réaffirmé que l’accord PSC en cours de négociation dans la Fonction publique hospitalière devait impérativement être amélioré sur au moins deux points :
- Pour l’année transitoire 2027, le montant alloué aux agents doit passer de 20 à 40 euros.
- En matière de prévoyance, l’accord doit prévoir une clause garantissant qu’en cas d’échec des négociations, les agents de la Fonction publique hospitalière bénéficieront, au minimum, des droits statutaires plus protecteurs applicables aux agents de la Fonction publique de l’État, à compter du 1er janvier 2028.
Au regard des réponses de nos interlocuteurs gouvernementaux, ces deux revendications ne semblent pas recueillir leur assentiment. C’est pourquoi la journée de mobilisation du 5 novembre doit être une réussite : ce gouvernement ne bougera que face à un rapport de force puissant.
