Autres

Compte rendu de notre rendez-vous avec les IGAPS 

Avancements et promotions : FO Enseignement Agricole a rencontré les IGAPS le 6 mai 2026

Patricia Corbiere et Christine Heuzé ont rencontré Jean-Pascal Fayolle, président du RAPS, Laurent Larivière, (référent national pour AgroParis Tech et l’Institut Agro, référent IR et IE), Catherine Carrère-Roland (référente ENVT, Institut Agro (y compris Florac), AgroParisTech Montpellier, référente TFR et AI) et Valérie Campos, (référente Outremer et coréférence IR et ATFR).

L’objectif de FO est d’être en capacité de répondre aux agent.es qui nous interrogent sur les possibilités de déroulement de carrière, d’avancements et de promotions. Nous souhaitons aussi débattre des critères utilisés par les IGAPS.

Le président du RAPS explique la procédure.

C’est le SRH (Service des Ressources Humaines du ministère) qui impose le nombre annuel de places à l’avancement de grade (imposé par le ratio promus/promouvables par corps) ou la promotion de corps (déterminée par les statuts de corps). (Voir document webinaire FOEA)

Les IGAPS proposent leur analyse.

Dans le respect des critères déterminés par les Lignes Directrices de Gestion (NS 2020-350), il y a d’abord un classement des propositions des établissements par chacune des 6 MAPS (voir l’organigramme des Missions d’Appui aux Personnes et aux Structures). Puis un interclassement par corps ou par grade au niveau national. Ces classements et interclassements sont faits collectivement puis transmis au SRH. C’est lui qui décide des listes d’aptitudes.

Afin d’objectiver les dossiers, ceux-ci sont classés via un tableur en pondérant les critères : (I) importance du poste (indice, responsabilités, groupe RIFSEEP), (II) manière de servir (appréciation littérale) puis (III) mobilités (géographiques, fonctionnelles ou structurelles). La proportionnalité Femmes/Hommes doit être respectée et la variété des BAP doit être représentée.

Du fait que les postes sont très peu nombreux, ils n’examinent que les dossiers des agent.es classés en 1 par leur structure, voire un peu plus au prorata du nombre d’agent.es promouvables dans les écoles de l’enseignement supérieur. Il s’agit d’équilibrer les promotions ou avancements entre les établissements, entre technique et supérieur, avec un lissage sur plusieurs années afin qu’il n’y ait pas de rupture d’égalité entre les agent.es.

L’appréciation doit montrer l’engagement de l’agent.e dans son travail.

Les exigences sont plus grandes pour les agent.es de catégorie A que pour les agent.es de catégorie B et pour les B que pour les C. La mobilité est davantage attendue et valorisée pour les A ou B.

Les parcours des agent.es par corps ne sont généralement pas si éloignés. Au final, c’est l’ancienneté et la manière de servir qui départagent des dossiers comparables.

Pour les agent.es de catégorie A, il n’y a pas de quota par MAPS.

Pour le passage de TFR en catégorie A, il y a blocage du fait du faible nombre d’agent.es dans le corps des AI (environ 60 agent.es). En effet, le nombre de promotions est proportionnel au nombre d’entrées dans le corps et aucun concours n’est organisé pour les AI. Les IGAPS recommandent de se présenter au concours d’IE en argumentant que, dans la filière technique, les TSMA (Techniciens supérieurs du ministère de l’Agriculture) passent le concours d’IAE (Ingénieurs de l’Agriculture et de l’Environnement) dont la grille indiciaire est supérieure à celle des IE.

Il peut aussi y avoir reconnaissance de l’expertise, au travers d’une qualification reconnue, attribuée par la COSE (commission d’orientation et de suivi de l’expertise). Les compétences scientifiques (thèse ou HDR) sont aussi valorisées. Ce sont de forts critères de discrimination positive.

En conclusion, les IGAPS ont souligné que l’appréciation est essentielle et devraient être signée par le directeur ou la directrice de l’établissement, quelle que soit la catégorie d’agent.es. Les classements devraient être discutés collectivement dans les établissements par exemple en comité de direction.

Les IGAPS sont là pour échanger avec les agent.es et expliquer les procédures.

Ce que FO a défendu lors de cet échange :

FO fait le constat que les métiers de l’enseignement sont peu et mal connus (Ex Groupes de RIFSEEP dans la NS de 2025-340 : ce sont les plus mal classés).

Certes, les mobilités enrichissent les parcours professionnels des agent.es mais ce critère dessert les agent.es de l’enseignement agricole, technique et supérieur.

Les opportunités y sont moindres qu’en administration centrale ou dans les services déconcentrés, d’autant plus pour les agent.es de cat B et C.

Les lycées sont souvent en milieu rural et les agent.es n’ont que peu d’intérêt à devoir se déplacer sur de grandes distances, pour gagner quoi de plus ?

Les missions des agent.es de la filière FR sont si particulières qu’ils ne sont pas interchangeables. Peu d’entre eux accèdent à des responsabilités de service. Ce sont les enseignants-chercheurs qui ont généralement ces responsabilités dans les écoles. Par contre, dans des équipes de recherche, souvent mixtes, des compétences comme l’animation sont aussi importantes. Un.e agent.e peut être amené à participer à des missions d’enseignement ou de recherche. Cela ne semble pas toujours valorisé.

De plus pour les familles, quelles sont les opportunités de mobilité des conjoints ? Ce critère de mobilité peut désavantager les femmes.

Les enseignants et enseignants-chercheurs sont peu mobiles.

Pour pouvoir changer de poste dans une école un.e agent.e doit postuler sur un poste ouvert. Or, c’est souvent un candidat extérieur qui est préféré. Ou alors les directions ne veulent pas faire bouger l’agent.e et démunir son service, surtout dans un contexte où les postes sont comptés. Souvent, les écoles n’encouragent pas les mobilités internes.

Revendications de FO :

Nous demandons que le critère de mobilité ne soit pas utilisé dans l’enseignement agricole.

Il y a trop peu de possibilités d’avancement ou de promotions. C’est souvent l’entonnoir pour les agent.es ! Dans les instances ministérielles, FO porte régulièrement la demande de requalification afin d’augmenter le nombre de postes à la promotion. Elle demande aussi l’augmentation des taux promus/promouvables pour permettre plus d’avancement de grade.

Encore une fois, nous demandons le rétablissement des attributions des CAP avec la participation des élu.es aux promotions et avancements.

Contact : patricia.corbiere@oniris-nantes.fr

nathalie.bertrand@agriculture.gouv.fr