Communiqué suite à audience avec Monsieur Benoît Bonaimé – Conseiller du ministre 7 mars 2019

 

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  • Attachement à l’enseignement agricole

Christine Heuzé rappelle que pour FO, l’attachement de l’enseignement agricole public au ministère en charge de l’agriculture est clair et revendiqué de longue date. Pour nous, l’enseignement agricole, quel que soit le secteur, technique, formation continue et apprentissage ainsi que le supérieur, de la 4e au doctorat doit rester intégré au ministère qui impulse et génère les politiques agricoles.

Le Conseiller précise que la position du ministre est de maintenir l’enseignement agricole au ministère en charge de l’agriculture. D’ailleurs, il a expliqué à Mme Vidal, ministre de l’Enseignement Supérieur, de la Recherche et de l’Innovation (MESRI), comment l’enseignement agricole permet la mise en œuvre des politiques agricoles qui découlent de la demande sociétale, analysée par la recherche et ensuite la diffusion du changement de pratiques auprès des futurs professionnels.

  • Dialogue social

Suite aux différentes réformes (réforme territoriale, apprentissage, bac général, bac STAV), FO fait le constat d’une dégradation importante du dialogue social tant au niveau local qu’au niveau national. Nous ne sommes pas écoutés et nos positions sont ignorées bien que nous représentions les agents.

FO remarque que dans plusieurs régions, notamment dans les régions fusionnées (Nouvelle-Aquitaine, Grand-Est, Occitanie,…), il est parfois difficile d’obtenir des réponses aux questions posées.

Le ministre souhaite que quel que soit la réponse, elle doit être apportée. Le Conseiller nous encourage à l’alerter des problèmes.

En ce qui concerne la mise en œuvre de la Loi « Liberté de choisir son avenir professionnel », FO porte ses craintes sur le risque de privatisation de la formation continue et par apprentissage. Il y a danger de mise en concurrence avec des établissements privés. Les CFA CFPPA publics percevraient des montants par stagiaires moins importants du fait qu’ils reçoivent déjà des financements publics (ex salaire du directeur).

Le Conseiller considère que la part du financement public perçue par les CFA CFPPA publics est infime. Le ministère a la volonté de mettre tout le monde sur un pied d’égalité pour éviter le dumping sur les coûts. Il est conscient que les CFA CFPPA vont être plus en compétition mais il est convaincu qu’ils en ressortiront renforcés. Mais c’est le ministère du travail qui est à la manœuvre.

FO exprime ses craintes sur les personnels. Il y a un turn-over important des formateurs dans les centres. Alors que nous sommes en train de rediscuter le protocole de 1998, ils subissent la pression pour faire plus d’heures. Nous craignons que les personnels ne fassent les frais de cette mise en concurrence.

Dans l’enseignement supérieur, si Oniris, reste un cas, les relations sont difficiles dans la plupart des établissements.

Le Conseiller informe qu’à Oniris, l’ARACT (Association régional pour l’amélioration des conditions de travail) va être impliquée dans la réflexion sur l’organisation. Il déplore que la médiation n’ait pas abouti.

Le Conseiller explique que le projet initial de réunir les trois écoles agronomiques n’a pas pu se faire du fait qu’AgroParis Tech a fait le choix de s’engager dans l’université Paris Saclay. Afin de renforcer la politique de l’enseignement supérieur agricole, le ministre Guillaume a négocié avec la ministre du MESRI la création d’un établissement fusionnant Agrocampus Ouest et Montpellier SupaAgro. Les autres écoles auront le choix d’intégrer ce nouvel établissement, sous plusieurs formes. Le Conseiller ajoute que cette fusion n’a pas pour objectif de faire des économies de moyens. Il conçoit que le changement suscite des inquiétudes chez les personnels.

  • Annonces budgétaires et suppression des 50 postes

FO condamne la suppression de 50 postes dans l’enseignement technique. Sous le gouvernement 2007-2012, l’enseignement agricole a perdu de nombreux postes, jusqu’à être qualifié de « chien crevé au fil de l’eau » par le ministre de l’Agriculture de l’époque. Si dans la mandature précédente, l’enseignement a pu relever la tête, nous ne voulons pas revivre ce contexte très difficile pour les équipes éducatives.

FO est opposée aux suppressions de postes et au recours aux heures supplémentaires.

L’enseignement agricole accueille plus de jeunes en situation de handicap que l’Education nationale. Nous avons des internats. Cela nécessite le renforcement des équipes. Et le constat est qu’il y a des manques de personnels, infirmières, administratifs ou personnels techniques dans les établissements.

Le Conseiller répond que le schéma d’emploi est la conséquence de la décroissance des effectifs dans l’enseignement agricole, public et privé. A l’EN, des postes sont supprimés aussi alors que les effectifs s’accroissent. Il y a injonction du Budget pour supprimer des postes. Le ministre a fait le choix de recourir aux « moins mauvaises mesures » : le recours aux heures supplémentaires et travail sur les seuils, dans le respect de la sécurité et de l’accueil des publics en insertion.

FO est opposée à une politique qui consiste à mettre moins d’encadrement face aux jeunes dans la formation et l’éducation.

  • Le statut des directeurs.

Nous continuons de revendiquer un statut de corps pour ces personnels, par parité avec leurs homologues de l’EN. Pour nous, l’urgence est de pouvoir leur appliquer PPCR comme à leurs collègues de l’EN. Nous défendons le maintien de la liste d’aptitude, en tant que dispositif de recrutement national et de la CCP en tant qu’instance de dialogue social pour les mobilités et les avancements.

Le Conseiller répond qu’il n’y aura pas de statut de corps. Le ministère travaille actuellement sur 2 scénarios. L’un est à la direction du Budget, l’autre est une alternative. La mise en œuvre sera effective en 2019.

  • Requalification de B en A pour les personnels de la filière administrative et FR.

Le Conseiller nous répond que cette demande ainsi que la requalification de C en B sont en cours.

  • RIFSEEP de la filière FR

La mise en place du RIFSEEP s’est faite dans la douleur pour les agents de la filière FR et suscite beaucoup d’interrogations. Certains constatent qu’ils ont de la garantie indemnitaire, ce qui signifie que leur prime (hors CIA) a baissé. Ce n’est pas très bon pour le moral ! Les agents observent que leurs collègues en filière administrative sont mieux considérés puisque les primes y sont supérieures (hors agents de catégorie C). Nous revendiquons l’harmonisation des primes entre les deux filières.

Le Conseiller répond que 800 000 € ont été injectés dans cette mise en œuvre.

  • Les enseignants et CPE

FO constate un manque d’attractivité de ces professions. Alors qu’ils sont maintenant recrutés à Bac + 5, les grilles des enseignants et CPE n’ont pas été revalorisées. Les enseignants sont parmi les moins bien payés d’Europe. En Allemagne, pour un travail quasi égal un enseignant perçoit un salaire double. Pour avoir un pouvoir d’achat équivalent à celui d’un enseignant avant 1981, il faudrait une augmentation de 40%.

Le Conseiller reconnait le manque d’attractivité.

  • Emplois aidés, accueil et inclusion des élèves en situation de handicap

FO fait le constat que les 25 ETP d’AESH en CDI programmés pour 2019 sont insuffisants pour faire face aux besoins des jeunes en situation d’insertion.

Le Conseiller répond que c’est insuffisant mais que le ministère continue d’avancer.

L’échange avec le Conseiller a été franc et cordial. Le Conseiller a pris le temps d’écouter nos questions, revendications et prises de position.

FO se réjouit que le ministre classe l’enseignement agricole, technique et supérieur dans ses premières priorités. Cependant, au-delà des mots, les personnels attendent des actes.

 

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