« Vous avez dit débat ?» Edito de F. Guerard, Secrétaire général de la FAGE du 17/01/2019

Edito du SG de la FAGE

Vous avez dit débat ?

C’est en bras de chemise et dans le gymnase de Grand Bourgtheroulde (Eure) que notre jupitérien président a consenti à revenir sur terre l’espace d’un long après-midi (7 heures) devant 600 maires de Normandie dont beaucoup venus de communes rurales. Il s’est donné beaucoup de mal pour ce rôle de composition, allant jusqu’à parler « peuple » avec des expressions comme « raconter des craques » ou encore « c’est de la pipe ». Il a même dit « déconner » ! Certains éditorialistes ont parlé de performance… Il a fait rire et a fini sa prestation par une standing ovation ! C’est dire si l’heure est grave ! A moins que Monsieur Macron ne cherche à se reconvertir, en postulant pour un one-man-show au Théâtre des Deux Ânes… Parce que franchement, ce grand débat où l’on pourra parler de tout … ce qu’a décidé le Président, laisse un goût amer aux organisations syndicales qui depuis des mois demandent en vain à être reçues et écoutées et non pas entendues. Avec le succès que l’on sait… Droit dans ses bottes, le chef de l’Etat a surtout rappelé qu’il ne changerait rien sur le fond, que les réformes continueraient de plus belle … On croit halluciner.

Le pouvoir est dos au mur ? M. Macron découvre qu’il faut qu’on se parle… Ben tiens ! Nous le répétons : en dépit de ses efforts, le Président n’est plus le maître des horloges. Il y a quelque chose de pathétique à voir un pyromane essayer d’éteindre l’incendie qu’il a lui-même allumé.

Un exécutif déboussolé se raccroche aux branches comme le ferait un malheureux tombé à l’eau. Pathétique et dangereux parce qu’on ne sait jamais quelle main se tendra pour vous aider…

A ce grand débat, la Confédération Force Ouvrière, comme le bureau fédéral de la Fédération Générale des fonctionnaires dans son communiqué du 15 janvier, ont décidé de ne pas y participer. Non pas que nous nous en désintéressons mais parce que pour nous, une organisation syndicale n’a pas pour vocation à défendre l’intérêt général. Nous nous en tiendrons, pour ne pas mélanger les genres, à nos revendications, même si beaucoup d’entre elles rejoignent celles des gilets jaunes. Mais nous agirons dans un cadre syndical. Ce n’est pas un débat qu’il nous faut mais la satisfaction de nos revendications :

Quelle réponse à la demande de notre confédération syndicale sur un débat national sur le rôle, la place et les moyens de notre service public républicain, éludée par les présidences et gouvernements successifs depuis des décennies de casse organisée ? Où en est-on de la revalorisation des traitements et des salaires des fonctionnaires et agents publics ? Pourquoi avons-nous été écartés de la prime de 1000 € ? Pourquoi remettre en cause le statut général des fonctionnaires garant de neutralité et d’indépendance ? Pourquoi s’attaquer au droit syndical, aux CAP, aux CHS-CT ? Pourquoi s’enferrer dans l’absurde avec ce projet de suppression du code des pensions civiles et militaires pour instaurer un régime de retraite par point défavorable pour tous ? Pourquoi geler et même congeler le point d’indice des fonctionnaires (9 ans que ça dure) ? Connait-on à ce titre des corporations ou métiers sans augmentation durant une telle période ? Voilà des revendications simples auxquelles on peut répondre vite parce qu’elles sont justes, simplement justes !

Pour l’heure, M. Macron se pose la question d’un éventuel retour à la limitation de vitesse ! 80 ? 90 ? Bien tenté M. le Président, mais Force ouvrière ne tombera pas dans le panneau !

Et nous allons, à notre manière, vous rappeler que nous existons. A commencer par les actions que nous organisons du 3 au 10 février avec une marche du Havre à Matignon ponctuée par un rassemblement le 7 février pour réclamer et obtenir une augmentation de notre pouvoir d’achat et défendre notre service public républicain.

C’est une question de justice et de dignité !

17 janvier 2019
François GUERARD
Secrétaire général