Edito du 6 mars 2018 de Brigitte PERROT

Mars, le début d’un mouvement ?

La bière de mars risque d’avoir un goût amer pour le gouvernement pour peu que la colère qui monte dans tout le pays, s’exprime par le nombre, dans les rues au travers des différentes manifestations déjà annoncées. Le 15 mars, les retraités qui ont perdu 1,7% de leur retraite sur la fiche de paie de janvier après l’augmentation de la CSG (soit 25% de hausse) seront dans la rue tout comme le 22 mars pour la journée de grève et de manifestations à laquelle les OS appellent pour défendre les services publics et la fonction publique.

Parce que la réalité est là : ça craque de partout, dans les EPHAD, chez les cheminots, dans l’éducation nationale, dans l’administration pénitentiaire, dans la justice, dans les hôpitaux, à l’ONF, à la RATP… Il y a bien longtemps que nous n’avions connu un tel alignement favorable de planètes pour faire entendre, que l’on soit du public comme du privé, nos revendications. Il y en a assez de stigmatiser certaines catégories de salariés, en premier lieu, les fonctionnaires, pour justifier le passage (par ordonnances pardi, on ne change pas une bonne recette !), une politique d’austérité et libérale.

Dans la fonction publique, les discussions ouvertes par le gouvernement ont vite montré leurs limites : baisse des effectifs, rémunération au mérite, révisions des instances du dialogue social … L’affaire était entendue avant d’être réellement débattue ! Plus grave et plus perfide, à travers la remise en cause du statut général des Fonctionnaires c’est le bouleversement total de la notion même de service public qu’essaient d’exploser avec  perfidie, les pouvoirs publics. C’est la cohérence même de la société qui, à coup sûr, sera bouleversée si les derniers délires ministériels (auxquels on peut ajouter le programme Action Publique 2022) obtiennent quitus. Quid de l’intérêt général ?  De la qualité des services dus aux usagers ?

Alors que dans cette société où tout se craquelle, il serait de salut public de donner aux agents les moyens de bien travailler, d’assurer un service de qualité, on fait le contraire, en se servant des fonctionnaires comme une variable d’ajustement. C’est injuste, indigne et dangereux. C’est donc inadmissible. Bien sûr qu’il faut discuter avec les pouvoirs publics mais discuter, ce n’est pas apposer son paraphe au bas d’un chèque en blanc. Oui il faut discuter du salaire des fonctionnaires dont le point d’indice est toujours gelé. Oui, il faut discuter des missions que l’on ne peut mener à bien en cumulant les emplois contractuels alors qu’il faut des emplois pérennes. Oui, il ya beaucoup à faire.

Mars est le dieu de la guerre, Jupiter ne devrait pas l’oublier !

 
Brigitte PERROT