Propos liminaires CSA EA 2 avril 2026
Propos liminaires CSA EA 2 avril 2026
Monsieur le Directeur Général, Mesdames et Messieurs,
Depuis quelques jours les tableaux d’affichage dans les salles des professeurs se sont parés de listes de convocations aux examens terminaux pour les diplômes qui en ont encore.
- Nos collègues AESH sont très sollicité⋅es pour assurer l’assistance aux candidat⋅es, elles et ils voient leur temps de travail exploser sur cette période d’examen, pas leur rémunération. Les apprenant⋅es dont elles et ils ont la charge se voient alors démuni⋅es de leurs droits à accompagnement. Nos collègues AESH, piliers de l’inclusion, voient leur charge de travail exploser sans aucune reconnaissance financière. Pire, ce surcroît d’activité au service des examens, se fait au détriment de l’accompagnement quotidien des élèves, privés de leurs droits.
- Pour les ACEN, la situation est cynique : on les convoque pour assurer le bon déroulement des épreuves alors même que nombre d’entre eux ont vu leur poste disparaître des listes de mobilité. En effet, nous avons constaté un nombre significatif de postes « liés » non publiés lors de la campagne de mobilité. Cela a pour conséquence de priver les agent⋅es affecté⋅es sur ces emplois de la possibilité de formuler des vœux sur les postes pourtant occupés cette année, voire même depuis plusieurs années. Dans ce contexte, FO EA souhaiterait savoir combien de collègues sont concernés pour la rentrée 2026, et si cette situation confirme une tendance à la hausse par rapport aux années précédentes.
- Quant aux ACB, c’est la double peine : mobilisé⋅es pour les examens, certaines directions leur imposent encore la récupération du temps d’absence des centres de formation. C’est inacceptable.
Les missions d’examen génèrent des frais de déplacement conséquents. Or, l’arrêté fixant les taux des indemnités kilométriques n’a pas été revalorisé depuis plus de quatre ans. Face à l’inflation galopante et à la flambée des carburants, les personnels continueront à ne pas être correctement indemnisés…
Nos collègues nous demandent des éclaircissements sur plusieurs sujets :
- Le système du « pacte et des briques » sera-t-il reconduit à la rentrée 2026 ? FOEA réaffirme sa position : nous exigeons des augmentations de salaire sans contrepartie de temps de travail supplémentaire, et des décharges de service pour compenser les missions particulières. Rappelons que les enseignant⋅es restent les moins bien rémunéré⋅es de la catégorie A…
- FOEA constate que la négociation de l’accord collectif sur le décompte du temps de travail des ACB tarde à aboutir, les collègues sont toujours dans l’attente, depuis leur mouvement de grève de 2022. Parallèlement, le dégagement des « postes gagés » s’apprête à engendrer des situations humaines inextricables : nous allons voir des collègues affectés sur un centre, sans l’être vraiment, certains rémunérés par un EPL tout en exerçant en lycée, le tout sur fond de disparités de temps de travail et de rémunération. Cette gestion « hors sol » est une source de souffrance supplémentaire.
- Plan’éval, nouvelle application de gestion des plans d’évaluation ne progresse que très peu en ergonomie et facilité d’utilisation. Le système ne sera pas encore opérationnel pour la remontée des notes de cette session d’examen.
- Par ailleurs, les règles de financement des Bachelors agro, annoncées le 3 février dernier, sont loin d’être clarifiées sur le terrain. Nous constatons des incompréhensions et des interprétations divergentes selon les établissements. Ces règles sont-elles encore d’actualité ?
- FOEA a pris connaissance d’un document interne de la DRAAF Hauts-de-France, relatif au CODIR du 12 décembre 2025. Les orientations qui y sont exposées sont d’une gravité exceptionnelle et exigent des éclaircissements immédiats de votre part. Sous prétexte d’un ratio d’heures d’enseignement par élève jugé défavorable, ce document prône explicitement “la fermeture des classes à petits effectifs” en relevant brutalement le seuil de maintien à 20 élèves, contre 12 auparavant. Cette logique purement comptable ignore les réalités territoriales et la spécificité pédagogique de l’enseignement agricole. Plus inquiétant encore, le document affirme que « la DGER annonce l’application de cette stratégie pour les six prochaines années ». S’agit-il d’une directive nationale ou d’une extrapolation régionale abusive ? FOEA vous demande solennellement de confirmer ou d’infirmer l’existence d’une telle trajectoire pluriannuelle de réduction de l’offre de formation au niveau national.
Tous ces éléments et d’autres participent au mal-être croissant des personnels de l’EAP, qui est observable par plusieurs indicateurs, par exemple, les saisines des cellules régionales d’écoute qui explosent. Pourtant, lorsque les Formations Spécialisées des CSA régionaux alertent et demandent la constitution de délégations d’enquête paritaires, elles se heurtent quasi systématiquement au veto des DRAAF qui président ces instances, c’est le cas notamment en Nouvelle-Aquitaine, dans les Hauts de France ou encore en Occitanie. Jusqu’à quand l’administration va-t-elle entraver les prérogatives de ces instances de prévention en matière de santé, de sécurité au travail ?
Enfin, pour de nombreux collègues, l’horizon s’assombrit face à la réduction continue d’ETP depuis plusieurs années. Alors que la LOSARGA affiche des objectifs de croissance ambitieux (+30 % d’effectifs dans l’enseignement technique), il est impératif que les moyens alloués à l’Enseignement Agricole Public soient enfin mis en cohérence avec ces enjeux. L’avenir de nos jeunes et le dynamisme des territoires ruraux ne peuvent se satisfaire de promesses sans moyens budgétaires à la hauteur.
Merci pour votre attention
