Communiqué FGF-FO – L’IA, une révolution ou une évolution ?

COMMUNIQUE
Paris, le 6 mars 2026
L’IA, une révolution ou une évolution ?
L’intelligence artificielle (IA) regroupe l’ensemble des technologies capables d’analyser des données, d’apprendre, de raisonner et d’automatiser des tâches auparavant effectuées par des humains en autres. Elle est depuis longtemps présente dans le monde professionnel et personnel, que ce soit à travers des outils d’aide à la décision, l’automatisation de processus, des algorithmes de gestion, le contrôle de la performance, le recrutement ou la planification du travail. L’IA n’est donc pas un concept du futur, mais elle évolue : elle transforme les métiers, les conditions de travail et l’organisation des entreprises. Mais elle reste une machine créée par l’homme.
Le développement de l’IA s’accélère à un rythme inédit. À l’avenir, elle pourra automatiser un nombre croissant de tâches, y compris des tâches qualifiées, influencer les décisions managériales, surveiller et évaluer les salariés, remplacer certains emplois ou transformer en profondeur les métiers existants. Cette évolution peut représenter un progrès si elle est encadrée, mais elle devient inquiétante et à risque si elle est guidée uniquement par la recherche de rentabilité, le contrôle ou la réduction des coûts ou l’outil budgétaire au service de la réduction de la dette publique.
Sans garde-fous, l’IA risque de renforcer la précarité de l’emploi, la déshumanisation du travail, la perte de sens et d’autonomie au travail et d’accélérer la mise en place du concept de revenu universel en lieu et place du travail !
Dans ce contexte de mutation technologique, le syndicat doit s’imposer comme le rempart collectif face aux dérives de l’IA. La FGF-FO conformément à sa résolution de Congrès, réaffirme avec détermination sa vocation à défendre sans concession les droits de chaque agent, protéger les emplois et de garantir des conditions de travail des personnels. Nous opposons une résistance ferme à toute utilisation de l’IA comme outil de suppression d’emplois, de surveillance généralisée ou de mise en compétition entre salariés et machines. La négociation doit être la pierre angulaire de chaque transformation : le progrès ne se fera qu’avec les organisations syndicales en faveur des travailleuses et travailleurs.
Toute introduction de l’IA dans l’Administration doit faire l’objet d’une information et consultations des représentants du personnel au travers des instances dédiées, garantir la transparence des algorithmes, préserver la responsabilité humaine dans les décisions et s’accompagner de formations et de protections collectives.
La question centrale est l’éthique. L’IA doit être au service de l’humanité, du progrès social et du bienêtre au travail. Elle ne doit jamais devenir un rival de l’homme ni un outil de domination. Nous refusons un avenir où la machine déciderait à la place de l’humain, où le salarié serait réduit à une variable statistique et où la logique algorithmique remplacerait la justice sociale.
La FGF-FO affirme que l’IA doit rester un outil et jamais une finalité, que l’humain doit toujours être au centre des décisions et que le progrès technologique doit aller de pair avec le progrès social.
L’éthique, la négociation et la protection des salariés sont indispensables. Le syndicat doit s’emparer de ce sujet à tous les niveaux !
