Les réformes du Bac général, du Bac STAV et de la formation professionnelle imposées au forceps par le gouvernement contre l’avis des personnels et des usagers, se traduisent par des modifications importantes de nos dispositifs de formations et de nos spécificités.

Les véritables objectifs de ces réformes sont la suppression de postes, la réduction des contenus de formation, la remise en cause du caractère national des diplômes et la perte de reconnaissance du Bac comme premier grade universitaire.

Depuis la rentrée 2017, le gouvernement (le MEN et MAA) œuvre à la réforme du Bac général et technologique avec pour éléments essentiels :

  • La fin des séries L, ES et S
  • Des enseignements à la « carte » avec des différences selon les établissements et les territoires quant à l’offre des spécialités et options.
  • La diminution des heures d’enseignement
  • La réduction des épreuves terminales et l’augmentation du contrôle continu pour 40% des notes du Bac.

Ces réformes se traduisent (sous couvert de baisse d’effectif) par la suppression de postes (50 pour la rentrée 2019 dans l’enseignement agricole). Elles s’inscrivent dans la modification des modalités de poursuites des études dans l’enseignement supérieur, Parcoursup, qui instaure une sélection à l’entrée à l’université, notamment pour des raisons budgétaires (il manque 60 000 places d’étudiants au niveau national). En individualisant les diplômes, ces réformes réduiront à terme les droits des salariés reconnus par les conventions collectives.

Pour l’Enseignement agricole public

Bac général :

Si les enseignements de biologie-écologie et Ecologie Agronomie Territoire sont maintenus dans les lycées agricoles, cette réforme pose des problèmes spécifiques pour nos établissements :

  • le choix des enseignements de spécialités en terminale (sans connaître les pré-requis demandés par l’enseignement supérieur) et les moyens nécessaires à leur mise en place.
  • la mise en place du contrôle continu et ses modalités (correction des épreuves CCF….)
  • l’inquiétude des familles pour l’orientation et ses conséquences pour le recrutement dans nos classes de seconde GT.

Le Bac STAV :

Les Organisations Syndicales, dont FO Enseignement Agricole, ont réussi à maintenir les 5 EIL (domaines technologiques), les périodes de stage (individuel et collectif) et l’Ecologie Agronomie Territoire et Développement Durable (EATDD) dans nos établissements. Mais d’autres aspects de la mise en œuvre de cette réforme sont inadmissibles :

  • La réforme imposée sans véritable négociation avec les représentants des personnels et une mascarade de consultation des équipes pédagogiques.
  • Des réductions d’horaires dans certaines disciplines.
  • La non affectation disciplinaire des horaires de pluri.
  • L’absence de répartition des horaires d’enseignement entre cours, TP et TD
  • L’absence d’indication des seuils de dédoublement pour chaque discipline.
  • Le manque d’information sur les contenus et recommandations pédagogiques à quelques mois de la rentrée scolaire de 2019.
  • La très faible valorisation du stage en milieu professionnel.
  • Un grand oral aux modalités très floues.

C’est pourquoi des organisations syndicales, dont FO Enseignement Agricole, ont rejeté cette réforme au CNEA et adressé le 14 février 2019 au ministre un courrier de revendications qui reste toujours sans réponse.

La formation professionnelle :

FO Enseignement Agricole s’inquiète de la diminution du rôle du MAA et des DRAAF dans la carte des formations professionnelles au bénéfice des Régions et des branches professionnelles qui entrainera un déséquilibre sur les territoires.

FO Enseignement Agricole s’oppose à la volonté du MAA d’instituer la mixité des publics et des parcours qui dégrade les conditions de travail des enseignants et qui impose des parcours de formation non choisis par les apprenants.

FO Enseignement Agricole s’inquiète de la menace qui pèse sur les classes à faible effectif pour des raisons budgétaires alors que la formation professionnelle a déjà été fortement dégradée avec la réforme du Bac Pro en 3 ans et la suppression des classes de BEPA.

  • Nous exigeons le maintien des diplômes nationaux et du Bac, premier grade permettant de s’inscrire aux formations supérieures de son choix.
  • Nous exigeons le maintien et au respect des seuils de dédoublement.
  • Nous exigeons l’affectation disciplinaire des heures de pluridisciplinarité et des stages collectifs.
  • Nous exigeons le respect du dialogue social pour de véritables négociations.
  • Nous refusons un enseignement au rabais.
  • Nous rejetons les réformes du Bac Général et du Bac STAV.

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