Suite à la présentation par le ministre le 9 novembre dernier de sa feuille de route, et notamment en ce qui concerne l’enseignement supérieur et la commande qu’il a reçue d’un « rapprochement des écoles vétérinaires, d’une part et d’un rapprochement des écoles d’agronomies d’autre part », nous nous interrogeons : Quel paysage à venir pour l’enseignement agricole, agroalimentaire et vétérinaire ?

Dans ce contexte, que vont devenir Vet Agro Sup et Oniris, et surtout leur composante agro ? Va-t-il y avoir « dé-fusion » ? Quel devenir pour les autres écoles (ENGEES, ENSP, Bordeaux Science Agro, AgroSup Dijon ou encore l’ENSFEA). Sont-elles considérées comme des « boulets », dans la course à l’excellence internationale recherchée ?

Bien que rien ne soit encore fait, des pré-projets sont présentés aux agents :

Présentation au CA d’AgrocampusOuest, le 8 décembre 2017 : « Une réflexion est en cours sur le rapprochement des trois grandes écoles agronomiques AgroParisTech, Montpellier SupAgro et Agrocampus Ouest, toutes trois EPSCP, grands établissements délivrant le doctorat pour constituer un ensemble de 1er rang mondial permettant de renforcer la visibilité et l’attractivité de la France sur les questions d’agriculture et d’alimentation », on site alors « Wageningen aux Pays-Bas, ou Davis ou Cornell aux USA. »

« L’idée serait de créer un nouvel institut d’enseignement supérieur regroupant les établissements sous forme d'écoles internes dotées d’une grande autonomie, gardant leurs marques et leurs diplômes, et s’impliquant chacune activement dans les politiques de sites ».

On ne décrète pas l’excellence ! La visibilité internationale, c’est attirer des étudiants, des doctorants et des chercheurs. Ce n’est pas un coup marketing !

On peut aussi lire « L’institut permettrait de coordonner les fonctions stratégiques (finances, RH et international notamment) tout en émargeant de façon consolidée aux classements. »

Nous pourrions dénoncer l’apparition d’un nouveau chantier destiné à nous occuper et faire diversion alors que le financement de l’enseignement supérieur agricole ne sera pas à la hauteur de l’effort que celui-ci devra produire pour accueillir sa part de l’augmentation des effectifs de jeunes liée au boom démographique de l’an 2000 !

Mais, alors que les fusions ne sont pas encore digérées et font encore souffrir dans certains établissements, nous ne pouvons que vous alerter, vous et les agents.

A Oniris, il règne encore une grande confusion. Des agents sont en souffrance. Suite à diverses alertes et à l’action intersyndicale menée, notamment dans cette instance, en octobre 2017, une opération de médiation a été diligentée. Nous voulons vous faire part du malaise profond que ressentent encore les personnels de cet établissement et leurs représentants.

La médiation peine à commencer pour rétablir le dialogue social avec les représentants du personnel qui auraient besoin au préalable d’être reconnus comme victimes face aux agressions de la direction. Vous avez entendu leurs témoignages, dans cette instance, y compris celui des représentants des étudiants. Attention, retrouver une ambiance de sérénité, propice au travail et à l’investissement dans de nouveaux projets, sera très long dans cet établissement.

Par ailleurs, les représentants des personnels s’inquiètent quant à l’avenir du renouvellement des instances (qui doit avoir lieu en 2018) car personne ne voudra plus y aller. Cette école va se recroqueviller sur elle-même et perdre son dynamisme.

A Agrocampus Ouest et plus précisément à Beg Meil, nous vous avons alerté sur le malaise qui règne sur ce site. Alors que les postes sont siphonnés depuis la fusion du site avec Agrocampus en 2006, passant de 28 personnels pour atteindre 15 en 2017, les projets, pourtant inscrits dans le plan stratégique de l’établissement sont remis en cause. L’interrogation grandit pour les agents du site : sans le soutien de l’établissement, de la DGER, sans directrice, comment vont-ils être en capacité des poursuivre leurs activités ? Comment travailler sur le territoire, avec les partenaires locaux (collectivités, professionnels et aussi organismes de formation et de recherche) pour développer l’innovation, sur la thématique mer, dans « l’agro bleue » de France ? Il ne faut pas laisser ces personnels, déjà rudement éprouvés par différents évènements depuis la fusion, dans le questionnement et dans l’expectative. Il faut apporter un soutien aux équipes. Pour eux aussi, il faut éclairer l’avenir !

Ces personnels sont toujours en attente d’une rencontre avec la Conseillère du ministre.

Enfin, nous voulions vous interpeller sur les concours d’IE et IR publiés en novembre. Les postes ouverts aux concours internes sont fléchés sur les établissements ce qui n’était pas le cas auparavant. Cette modalité réduit considérablement les possibilités de progression et de requalification des agents de la filière FR. Peu d’agents vont postuler. Ils ne vont pas prendre le risque d’une mobilité géographique importante, même pour une progression de carrière si attendue. Seuls les agents dont l’établissement leur a « chauffé » la place, pourront être requalifiés. Cela constitue une rupture d’égalité alors même que ces concours ne sont pas si nombreux.