Communiqué suite à la réunion RVP du 18 octobre 2016

Communiqué suite à la réunion RVP du 18 octobre 2016

FO : Michel Delmas, Christine Heuzé, Jean-Pierre Naulin

Rappel des objectifs de la mission :

  • Donner une égale dignité au bac pro avec les autres voies générale et technologique.
  • Augmenter la qualification (le nombre de bacheliers)
  • Limiter le nombre de sorties sans qualification
  • Favoriser la poursuite d’études.

Méthode :

Les missionnaires ont comparés les données chiffrées concernant la dernière cohorte ayant suivi le parcours BEPA + Bac pro en 2007 et la première cohorte inscrite en 2014, première année de la RVP. Les CAPa venant d’être réformés, aucune donnée n’est disponible.

Constats de la mission :

  • La RVP semble donner une égale dignité au bac pro avec les autres voies générale et technologique :  elle apparaît comme positive pour les jeunes et les familles. Elle valorise les diplômes et les métiers. Cela redonne toute sa place au CAP au détriment du BEPA.
  • Le nombre de diplômes : le constat ne peut porter que sur le bac pro. Le nombre de diplômés a augmenté de 59%, mais le taux de réussite (nombre d’inscrits/nombre de reçus) a baissé de 6,5 points malgré l’épreuve de contrôle (rattrapage).
  • Le nombre de sorties sans qualification est estimé à 6 ou 7%. Mais en l’absence d’éléments de comparaison, il est difficile de répondre à la question.
  • Le nombre de jeunes poursuivant leurs études augmente de 84% entre 2011 et 2015. Mais seulement 50% des bacheliers pro inscrits en BTS obtiennent leur diplôme en 2 ans. (56 ou 57% si redoublement).

Principales recommandations de la mission:

          La voie professionnelle doit préparer les jeunes à l’insertion professionnelle directe. Les formations complémentaires, de type certificat de spécialisation ou certificat de qualification professionnelle, sont à développer pour renforcer l’adaptation des diplômés à des profils demandés sur le marché de l’emploi.

          Il faut relancer les dynamiques d’accompagnement personnalisé dans chaque établissement. Il manque de transparence sur les moyens octroyés qui, de plus ont diminué pour la partie volontaire (HSE). C’est pourtant une des clés pour permettre une meilleure réussite des élèves.

          Fragilisées par les réformes successives, les équipes enseignantes éprouvent des difficultés. Il convient de relancer et renforcer un accompagnement soutenu des équipes pédagogiques par l’animation et la formation.

          La mission souligne qu’il n’est pas envisagé de retour au bac pro en 4 ans.

Les freins :

  • La DGER pose la question des moyens : ouvrir des classes ou répartir les moyens pour une meilleure réussite des classes existantes.
  • La pertinence du diplôme du BEPA au regard du surcroît de travail qu’il engendre (CCF) et de sa faible reconnaissance par les professionnels.
  • L’évaluation capacitaire questionne les pratiques pédagogiques et les méthodes d’évaluation. Les équipes pédagogiques manquent d’accompagnement pour la mise en œuvre de ces nouvelles méthodes.

FO a reconnu un travail important et intéressant de la mission au travers de ce rapport riche, même si certaines données statistiques manquent, notamment sur l’apprentissage. FO a déclaré être conforté par le constat fait sur le manque de moyens et d’accompagnement des équipes. Il est effectivement nécessaire de recadrer au niveau national la répartition des moyens (HSE).

Nous ne sommes pas surpris par la perte de professionnalisme constatée chez les jeunes diplômés. Une année de moins de pratique ne permet plus de maîtriser les gestes professionnels essentiels. C’est bien pour cela, entre autres, que FO était opposée au bac pro en 3 ans !

FO déplore que ce rapport n’ait pas été connu au moment de la rédaction du 6e schéma.

FO souligne qu’elle a toujours réclamé la formation et l’accompagnement des équipes pédagogiques par le DNA (dispositif national d’appui) dévolu à l’enseignement supérieur, à l’image de l’expérimentation PEPIETA, conçue par Agrocampus-Ouest.

FO regrette que l’épreuve de contrôle du bac pro, tant décriée, ne soit abordée que partiellement dans le rapport.

FO partage les 3 premières recommandations conclusives de la mission. Pour la dernière, nous continuons de demander le dispositif de classe passerelle (bac pro en 4 ans) pour certains jeunes.

 

Rapport n°15117 CGAAER de juin 2016