Communiqué RVP 29 novembre 2016

Communiqué suite au groupe de travail sur la rénovation de la voie professionnelle (RVP) du 29 novembre 2016

FO était représentée par Michel Delmas, titulaire CNEA et Jean-Pierre Naulin, expert.

Suite au groupe de travail du 18 octobre, au cours duquel les missionnaires du CGAAER ont présenté le rapport sur la RVP commandité par le ministre en charge de l’agriculture (voir notre communiqué du 18/10), la DGER a exposé ses propositions en réponse à leurs recommandations.

Proposition 1 : Renforcer la cohérence et l’attractivité de la voie professionnelle (2 diplômes clés : le CAP agricole et le baccalauréat professionnel).

Confirmer et renforcer le potentiel d’insertion professionnelle du baccalauréat professionnel, tout en favorisant la poursuite d’études supérieures pour les bacheliers qui le souhaitent et qui en ont la capacité.

  • Former les équipes pédagogiques à une utilisation des espaces d’autonomie permis par les référentiels ;
  • Recenser et diffuser les expériences de nos établissements, intéressantes ou innovantes en ce domaine ;
  • Valoriser les expériences d’engagement citoyen au travers du chantier engagé sur la reconnaissance des compétences acquises, notamment en permettant une épreuve optionnelle supplémentaire au baccalauréat professionnel et à d’autres examens
  • Travailler avec les élèves la notion de parcours en insistant sur la diversité des possibilités (BTS, alternance voie scolaire/apprentissage, expérience professionnelle entreprise de formation) ;
  • Rénover des certificats de spécialisation afin de consolider leur intérêt pour une spécialisation professionnelle ;
  • Étudier la possibilité de rendre certains certificats de spécialisation accessibles en voie scolaire, sur le modèle des mentions complémentaires de l’éducation nationale ;
  • Réserver une période supplémentaire (2 j) de stage collectif : pour la préparation des élèves au stage individuel en milieu professionnel (2j positionnés certainement en seconde axés sur des thématiques telles que l’hygiène, la sécurité, la prévention)

Améliorer la réussite des bacheliers professionnels en BTSA, enjeu prioritaire

  • Importance de l’orientation vers les filières BTS adéquates,
  • Veiller à l’accompagnement des élèves de BTS, via notamment le module M11,
  • Explorer l’idée d’une « année de transition » évoquée pour certains élèves qui le souhaitent entre le baccalauréat professionnel et le BTS (une année de service civique, une année de «coupure», une période de césure après inscription). Attention cette proposition n’a pas pour vocation à se généraliser mais à répondre à des demandes spécifiques de certains apprenants. Le problème du statut des apprenants pendant cette année de transition reste incertain,

Valoriser le CAP agricole, récemment rénové, accès à une première qualification et aussi à la poursuite en cycle professionnel.

  • Poursuivre la recherche-action « Initiatives CAP agricole », la faire connaître, diffuser les résultats,
  • Communiquer auprès des élèves et parents d’élèves de 3ème sur la possibilité de plus en plus fréquente d’un parcours CAP agricole, puis bac pro.
  • Communiquer auprès des élèves de CAP agricole sur les possibilités de poursuivre avec succès leurs études vers le baccalauréat professionnel

Questionner le BEPA qui n’a plus de réelle reconnaissance professionnelle et simplifier ses modalités d’évaluation.

L’objectif serait « dans un premier temps » d’alléger nettement la charge évaluative pesant sur les élèves et enseignants. Il est donc proposé une démarche de simplification des épreuves du BEPA en les recentrant sur l’acquisition des capacités professionnelles ;

  • suppression de l’épreuve E1, et donc de 3 CCF, sur les capacités générales C1, C2 et C3 ;
  • suppression du jury extérieur de l’épreuve E2 du BEPA, sur les capacités professionnelles C5 et C6, afin de transformer l’épreuve E2 en CCF standard ;
  • diminution des CCF de l’épreuve E3 du BEPA, sur les capacités professionnelles C7 à C10, à 2 : 1 CCF en fin de seconde
  • Ainsi le nombre de CCF pour l’acquisition du BEPA serait réduit de 7 CCF à 3 CCF.

Proposition 2 : Les dispositifs d’individualisation sont un des leviers importants à mobiliser, dans le cadre de l’autonomie de chaque établissement.

Réécriture de la note de service sur l’individualisation pour parution en avril 2017 avec deux points fondamentaux

  • l’accompagnement personnalisé serait recentré sur les EIE, dotés dans la grille horaire, les EIE seraient mieux cadrés au plan national, avec une obligation pour tous les établissements d’engager une réflexion sur la mobilisation des EIE au profit de l’accompagnement de tous les élèves de manière complémentaire aux EIE, une enveloppe d’HSE serait fixée et communiquée avant la rentrée scolaire, afin de permettre aux établissements d’engager des actions d’individualisation supplémentaires. Action qui devrait déjà être appliquée !
  • Mettre en place une animation et un accompagnement au niveau régional par les SRFD (avec quels moyens?), par la mise en place d’actions de formations régionales courtes ou d’échanges de pratiques sur les dispositifs d’individualisation, le suivi de leur mise en place en établissement.

Proposition 3 : La mission estime indispensable de relancer la dynamique d’accompagnement des enseignants et des équipes pédagogiques, souvent désemparées face à la multiplicité des changements auxquels elles ont à faire face, tels que l’évolution du public d’élèves, la refonte des diplômes, l’évaluation capacitaire, les dispositifs d’individualisation…

  • la construction d’un dispositif de formation sous forme d’un MOOC de 15 heures (commande inscrite au DNA) obligatoire pour les enseignants et formateurs (intégré dans le cursus de formation des maîtres ? Tutac?)
  • la réécriture de la circulaire du 28 août 1995 relative aux modalités d’évaluation dans les filières préparant aux diplômes de l’enseignement technologique et professionnel délivrés par le ministre de l’agriculture qui fonde le CCF.
  • un dispositif d’accompagnement sur l’évaluation capacitaire devra être prévu dans le PNF et les PRF
  • renforcer les capacités des équipes de direction au pilotage pédagogique.

Conclusion du Directeur Général :

Il lui semble important d’enclencher le processus afin de résoudre les problèmes soulevés par la RVP par une plus grande souplesse, plus d’individualisation et plus de déconcentration vis à vis des établissements. D’autres solutions peuvent apparaître, les organisations syndicales peuvent être force de proposition. Le DGER entend bien le souhait de certaines organisations professionnelles et syndicales de vouloir maintenir le BEPA mais la volonté de son allègement ne peut pas être éludée. Une meilleure articulation des CCF en bac doit aussi être une piste à explorer.

Le représentant des SRFD s’interroge sur la grande difficulté qu’ont les SRFD à gérer les moyens contraints alors qu’ils ont de nombreuses missions à assurer.

L’inspection souligne que les niveaux 4 et 5 sont évalués de façon distincte. Il est envisageable de travailler sur des situations d’évaluation communes pour réduire le nombre de situations d’évaluation sans pour autant réduire le nombre de CCF.

Les revendications de FO Enseignement Agricole :

  • FO constate que, faute de moyens, une grande partie des propositions issues du rapport manquent d’ambition et ne font que retraduire des actions déjà mises en œuvre.
  • FO s’oppose à rendre les CS (certificats de spécialisation) accessibles à la formation initiale afin d’éviter d’instituer la mixité des publics, de manière progressive et contre productive.
  • FO est favorable à la création de stage collectif pour la préparation des élèves de 2nde aux stages individuels sans remettre en cause le travail déjà conduit par les équipes pédagogiques sur cette thématique et inscrit dans les référentiels. FO propose que cette période soit d’une semaine alors que l’administration propose seulement 2 jours.
  • FO constate que la proposition d’année de transition qui pourrait être proposée après le bac est sans intérêt et non adaptée au public bac pro… sauf à les encourager au décrochage et à la non poursuite d’étude. De plus, l’absence de véritable statut de l’élève, pendant cette année de transition, pose problème.
  • FO se félicite de la volonté du Ministère de vouloir communiquer auprès des élèves et parents du cursus CAP-bac en 4 ans. Cet affichage montre bien qu’il y peut y avoir une véritable alternative de poursuite d’études pour les élèves issus des CAPa. Toutefois ce plan de communication, ne suffit pas car un accompagnement (remise à niveau?) des élèves issus des CAPa pendant leur bac pro sera essentiel à leur réussite dans le cursus… reste à savoir si l’objectif poursuivi est la seule intégration en bac pro.
  • FO confirme sa demande de maintien de l’examen du BEPA mais pas en l’état. En effet, même ce diplôme figure encore dans des conventions collectives. Le maintien s’impose donc ! Le travail exigé par sa mise en œuvre est difficilement supportable pour les équipes pédagogiques et les élèves. En conséquence, FO propose 2 alternatives qui permettront de réduire la charge de travail des équipes tout en redonnant une certaine reconnaissance à ce diplôme :

– recréer un examen du BEPA intégralement en épreuves terminales passées en fin de 1ère,

– ou, certifier les capacités du BEPA à chaque CCF bac pro (1 seule situation d’évaluation mais 2 grilles d’évaluation, une qui évalue les capacités bac pro et l’autre les capacités BEPA).

  • FO regrette que le dispositif d’individualisation essentiellement recentré sur les EIE oublie l’individu. En effet, si faire de l’individualisation consiste (dans le cas où un établissement a suffisamment de classes !) à proposer au choix, plusieurs EIE aux élèves (quid de l’organisation des EDT), il y a « tromperie » sur le vocabulaire… Il s’agit plus de différentiation très partielle de parcours de formation que d’une véritable adaptation de la formation au projet personnel de l’élève.
  • FO demande que, à l’instar des moyens mis en œuvre pour la rénovation du bac pro, les SRFD disposent de moyens pour accompagner et animer la RVP.
  • FO prend note de la volonté du rapport d’accompagner les personnels sur l’évaluation capacitaire notamment par la création d’un MOOC de 15 heures intégré à la formation des enseignants. FO s’interroge sur le fait que le caractère obligatoire de la formation soit mentionné (évaluation du MOOC ? Réussite au MOOC ?). De plus, qu’en sera-t-il des autres enseignants qui souhaiteront intégrer cette formation ? Sur quel temps de travail ? FO propose que cette formation soit inscrite au catalogue des formations continues des personnels et que les personnels qui la suivent soient dégagés d’un temps de travail équivalent à celui de la formation.