Edito de B. Perrot du 20 octobre 2017

Et un an de plus pour la revalorisation des carrières

Si la patience est une vertu, les fonctionnaires doivent être des saints ! Une chose est sûre : à bonne école, M. Darmanin, poudre de perlimpinpin dans la main, est devenu maître dans l’art de l’enfumage. Pour peu, on pourrait saluer cet expert du dégagement en touche si la situation n’était aussi grave. Convoqués à un rendez-vous salarial avec leur ministre de tutelle lundi dernier, les syndicats de la Fonction Publique en sont repartis déçus tant les propositions du ministre ne répondaient pas revendications des OS qui avaient tout de même rassemblé quelque 400 000 personnes dans la rue le 10 octobre dernier. M. Darmanin est un ministre bicéphale : à la fois ministre de la Fonction Publique et ministre des Comptes publics.

A l’évidence, M. Darmanin n’a pas envie de se prendre la tête. Alors il a tranché : rien sur le point d’indice – par contre la rémunération au mérite, pourquoi pas… -, le PPCR négocié par le précédent gouvernement (sans FO) : reporté d’un an, question de gratter quelque 800 000 millions d’euros. Quant à la compensation de la hausse de la CSG de 1,7 point, le ministre a lâché un peu, un tout petit peu de lest : la CSG est totalement compensée pour les fonctionnaires et agents publics déjà en poste dans l’administration ou y entrant dans les prochains mois. En parallèle, une clause de réactualisation est prévue en 2019 pour corriger les éventuels changements de situation des agents. Ceci dit, le compte n’y est pas.

En réalité, tout s’inscrit dans la logique de ce que le ministre a annoncé le vendredi 13 octobre, avec la création d’un Comité d’Action Publique 2022 (CAP 22) pour « transformer l’administration » afin « d’améliorer la qualité des services publics », « offrir un environnement de travail modernisé aux fonctionnaires » et « maîtriser les dépenses publiques en optimisant les moyens ». Un vaste chantier qui demande des alliés sûrs ! Pas fou, M. Darmanin ne s’est pas embarrassé de scrupules : sur les 34 membres de ce comité Théodule, syndicale, on y trouve le président de Safran, le directeur de Sciences Po… Par contre, rien n’a été pensé pour mettre en œuvre des états généraux du service public dans lesquels les organisations syndicales pourraient partager leur grande connaissance du service public républicain.

Le 26 octobre, les fédérations syndicales de fonctionnaires se réuniront pour décider des suites à donner à la journée du 10 octobre.

M. Darmanin mérite une petite piqûre de rappel.

Le 20 octobre 2017